Le Lundi Matin
7h, le réveil sonne. Dehors, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, les gosses jouent dans les fontaines, les parents bronzent dans l’herbe, les jeunes filles en fleurs se précipitent à Genève Plage, les garçons se font un foot au parc, et les mamies donnent du maïs aux pigeons… Tout le monde dans la rue arbore ce sourire d’illuminé et cette façon de marcher un peu nonchalante, un peu détachée, tout cela signifiant évidemment que…
C’est les vacances ! ! !
Enfin, pour à peu près tout le monde, sauf pour toi.
Au moment où tes potes se réveillent, toi tu es déjà debout depuis 5 heures, tu as eu le temps d’écrire 15 emails, de faire 29 photocopies, de t’énerver avec la machine à café et de te payer la honte en laissant tomber ton croissant dans ta tasse de chocolat, et maintenant tu es dans la queue, à la cafétéria, en train d’attendre ton steak-frite en essayant de te cacher derrière ton plateau pour ne pas te faire repérer par ta patronne qui tient absolument à venir discuter avec toi pendant ta pause midi (forcément, vu que tu es la seule de toute la boite faisant semblant de s’intéresser à sa vie un minimum).
Au moment où tes potes maudissent la vodka en jurant qu’ils ne buvront plus JAMAIS, devant un verre d’aspirine effervescente, toi tu fais face à la troisième crise de la journée, à savoir le moment où ta collègue réalise qu’au lieu de bosser sur tes tableaux Exel, tu regardes le nouvel album de ta copine Leila sur Facebook. Et là, pour se venger, elle décide de te donner un boulot à faire qui ne requiert pas l’accès à un ordinateur, quelque chose que nous adorons tous faire il me semble, à savoir, DU CLASSEMENT. Tu te retrouves face à une pile de feuille aussi haute que ton petit cousin Raoul de 2 ans, pile au moment où tes potes, eux, allument la Playstation ou Desperate Housewives, suivant le sexe.
Au moment où tes potes sortent de la douche, toi tu ronges le bouchon de ton stylo en regardant les minutes défiler, car dans peu de temps, tu seras enfin LIBRE. Et alors, si près du but, le téléphone sonne. Tu sens que ce serait une erreur de répondre, que tu vas amèrement le regretter, mais en même temps, tu as devant toi ta patronne qui te lance un regard foudroyant, ce regard qui veut dire « Si le répondeur s’enclenche, je te jure que tu vas la sentir passer », alors a contre-cœur, tu décroches. C’est Marguerite, de l’étage d’en dessous, qui doit imprimer et envoyer 5 mail différents, mais, manque de chance, elle doit partir chercher sa fille à la crèche, et forcément, les parents passent avant tous les autres. Youpiiii, tu te retrouves coincée avec tes saloperies d’email, et tu ressens un forte envie de te taper la tête contre les murs lorsque tes collègues quittent les lieux, veste sur l’épaule, en te disant « Tchao a demain ! Je vais me faire un petit tennis ».
...
Et FINALEMENT, au moment où tes potes remettent ca, qu’ils se retrouvent une nouvelle fois au Lounge en train d’enchainer shot sur shot et de s’éclater comme pas possible, toi tu es en pyjama sur ton lit, en train de régler ton réveil matin pour recommencer exactement la même journée demain, et lorsque tu t’installes sous les couvertures, ton téléphone vibre. Message. « Putain ma fille, bouge tes fesses au Lounge, c’est de la folie ce soir ! ! ! ».
Comme dirait Bridget Jones :
à Equilibre intérieur, équilibre intérieur, équilibre inté…
Nouvelle vibration. Second message : « Ah merde, j’avais oublié que tu bosses ! Désolé ma choupette, on se rattrape ce week-end ! »
:-)
Your Devoted,
Factory Girl
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