Grab it by the balls
Chers Lecteurs,
Tu es une menteuse. Une menteuse de la pire espèce. Toi, jeune femme au sourire manipulateur et aux ongles soigneusement manucurés. Toi qui sait comment mettre en avant ton Curriculum Vitae et rédiger une lettre de motivation sans la moindre faille. Toi qui sait flatter tes futurs employeurs potentiels dans le sens du poil, avec un tact et une intelligence qui ne laisse rien transparaître, non, jamais ils ne se douteront que tu es leur pire ennemie. Tu te tiens droite, épaules en arrière, chevilles croisées et mains jointes. Tu les regarde droit dans les yeux et les impressionnes avec ton répondant agile et ta volubilité. Aucune question ne te résiste, aucun piège n'as raison de toi. Tu es la candidate rêvée, fantasmée et adulée par toutes les agences de placement du monde.
Sauf que tu es une menteuse, même si personne ne semble le voir. Les passants te regardent avec attention, observent ton ensemble noir parfaitement coupé, veste cintrée et jupe sous le genoux. Ils observent tes chaussures à talons assorties au bout rond et au talon ni trop bas, ni trop haut, ni trop sexy, ni trop sage. Ils étudient ensuite ta serviette en cuir noir Ordning & Reda, ce qu'ils ignorent c'est que c'était un cadeau de ta mère qui, pleine d'espoir, t'encourageait indirectement à te lancer dans une carrière de business woman. Ils effectuent ensuite l'appréciation de ton carré légèrement plongeant coupé à la règle, dûment méché et brushingué. Et ils terminent cet examen par l'analyse de ta démarche élancée qui n'exprime qu'une chose : ta détermination colossale. Eux comme les personnes à qui tu vas bientôt serrer la main sont dupés. Bernés, couillonnés, embobinés.
Parce que tu es une menteuse. Sous ton chemisier blanc immaculé et ta jupe noire fendue sur le côté, tu as des sous-vêtements dépareillés. Sous ta montre Swatch en acier, tu as le signe Peace tatoué. Sous tes faux ongles acryliques, les tiens sont rongés. Et surtout, sous tes airs de femme hautaine, stable et assurée, tu es un véritable cataclysme ambulant :
Tu es une artiste refoulée.
Dans ta lettre de motivation, tu vanteras tes capacités d'organisation et ton dévouement – s'ils voyaient ta chambre, ils réaliseraient que tu es principalement dévouée au projet de recouvrement du parquet par tous tes vêtements XD. Dans ton CV, sous « Centres d'intérêts », tu noteras « promenades, poésie, politique », en oubliant de mentionner que tes « promenades » ont souvent lieu dans des Musées d'art moderne jugés comme étant « injurieux » par la population Senior, que la « poésie » que tu apprécies sont des romans bien cyniques de Beigbeder et Nothomb, et que la « politique » qui t'intéresse, c'est surtout celle de créer tout et n'importe quoi, n'importe quand et n'importe comment.
Tu sais quoi ? Tourne les talons, arrache moi ces vêtements inconfortables, défais moi ce chignon trop serré et continue de ronger tes ongles et d'arracher tes cuticules. Arrête de t'entêter à correspondre à ce qu'on l'on attend de toi, tu finiras simplement par décevoir tout le monde, encore et encore, et après il sera trop tard. Il y a un moment dans la vie où il faut s'arrêter et se demander si cette longue route droite, plate et barbante est vraiment faite pour nous. Il y a un moment dans la vie où il faut prendre le taureau par les couilles.
Et je crois que ce moment c'est maintenant.
Tu es une menteuse. Une menteuse de la pire espèce. Toi, jeune femme au sourire manipulateur et aux ongles soigneusement manucurés. Toi qui sait comment mettre en avant ton Curriculum Vitae et rédiger une lettre de motivation sans la moindre faille. Toi qui sait flatter tes futurs employeurs potentiels dans le sens du poil, avec un tact et une intelligence qui ne laisse rien transparaître, non, jamais ils ne se douteront que tu es leur pire ennemie. Tu te tiens droite, épaules en arrière, chevilles croisées et mains jointes. Tu les regarde droit dans les yeux et les impressionnes avec ton répondant agile et ta volubilité. Aucune question ne te résiste, aucun piège n'as raison de toi. Tu es la candidate rêvée, fantasmée et adulée par toutes les agences de placement du monde.
Sauf que tu es une menteuse, même si personne ne semble le voir. Les passants te regardent avec attention, observent ton ensemble noir parfaitement coupé, veste cintrée et jupe sous le genoux. Ils observent tes chaussures à talons assorties au bout rond et au talon ni trop bas, ni trop haut, ni trop sexy, ni trop sage. Ils étudient ensuite ta serviette en cuir noir Ordning & Reda, ce qu'ils ignorent c'est que c'était un cadeau de ta mère qui, pleine d'espoir, t'encourageait indirectement à te lancer dans une carrière de business woman. Ils effectuent ensuite l'appréciation de ton carré légèrement plongeant coupé à la règle, dûment méché et brushingué. Et ils terminent cet examen par l'analyse de ta démarche élancée qui n'exprime qu'une chose : ta détermination colossale. Eux comme les personnes à qui tu vas bientôt serrer la main sont dupés. Bernés, couillonnés, embobinés.
Parce que tu es une menteuse. Sous ton chemisier blanc immaculé et ta jupe noire fendue sur le côté, tu as des sous-vêtements dépareillés. Sous ta montre Swatch en acier, tu as le signe Peace tatoué. Sous tes faux ongles acryliques, les tiens sont rongés. Et surtout, sous tes airs de femme hautaine, stable et assurée, tu es un véritable cataclysme ambulant :
Tu es une artiste refoulée.
Dans ta lettre de motivation, tu vanteras tes capacités d'organisation et ton dévouement – s'ils voyaient ta chambre, ils réaliseraient que tu es principalement dévouée au projet de recouvrement du parquet par tous tes vêtements XD. Dans ton CV, sous « Centres d'intérêts », tu noteras « promenades, poésie, politique », en oubliant de mentionner que tes « promenades » ont souvent lieu dans des Musées d'art moderne jugés comme étant « injurieux » par la population Senior, que la « poésie » que tu apprécies sont des romans bien cyniques de Beigbeder et Nothomb, et que la « politique » qui t'intéresse, c'est surtout celle de créer tout et n'importe quoi, n'importe quand et n'importe comment.
Tu sais quoi ? Tourne les talons, arrache moi ces vêtements inconfortables, défais moi ce chignon trop serré et continue de ronger tes ongles et d'arracher tes cuticules. Arrête de t'entêter à correspondre à ce qu'on l'on attend de toi, tu finiras simplement par décevoir tout le monde, encore et encore, et après il sera trop tard. Il y a un moment dans la vie où il faut s'arrêter et se demander si cette longue route droite, plate et barbante est vraiment faite pour nous. Il y a un moment dans la vie où il faut prendre le taureau par les couilles.
Et je crois que ce moment c'est maintenant.
Your Devoted,
Factory Girl
Factory Girl
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